Les années 90 ont été des années déterminantes pour les sociétés africaines en général et camerounaises en particulier. Cette période de transformation socio-économique a été caractérisée par un consensus sur un certain nombre de problématiques dont celle concernant la gouvernance démocratique et décentralisée, et surtout l’importance du rôle de la société civile dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi/évaluation des stratégies de développement. 

 

Au Cameroun, la clarification du cadre institutionnel d’expression des organisations de la société civile (OSC) a été le point de départ d’une série d’initiatives et d’actions multiformes des OSC camerounaises dont le principal créneau s’est révélé être les processus d’allègement de la dette (IPPTE, DSRP, etc.).

 

Toutefois, les OSC font un bilan amer de leur participation aux cadres paritaires de dialogue et de concertation mis en place par le gouvernement -Comité Consultatif de Suivi de la gestion des fonds PPTE (CCS-PPTE) et le Comité Technique de Suivi et d’Evaluation de la mise en œuvre du DSRP (CTSE/DSRP)-. De fait, le gouvernement n’accorde que peu de crédit aux propositions et interpellations des représentants de la société civile. Cela est dû, d’une part, à un manque de volonté politique et d’autre part, à l’insuffisante harmonisation des points de vue des OSC atomisées.

 

Dans le même temps, la gestion des affaires publiques reste caractérisée par l’opacité favorisant le système de l’impunité. Ainsi, les dysfonctionnements et dérives à l’origine de la situation que connaît actuellement le Cameroun ne font l’objet d’aucun débat citoyen. 

 

De même, les accords de coopération et les conditionnalités de l’aide internationale interpellent la société civile à s’impliquer dans le suivi de leur mise en œuvre qui impacte fondamentalement  le développement du pays. Certaines de ces conditionnalités, telles les privatisations, sont des questions qui relèvent de la souveraineté du peuple camerounais et qui sous-tendent le projet de société que les Camerounaises et Camerounais veulent édifier. 

 

Face à ces constats, des organisations de la société civile ont mis en place un groupe de travail thématique restreint en janvier 2005 afin de structurer la participation et d’enrichir la contribution de la société civile au processus d’élaboration, de mise en œuvre et de suivi/évaluation du DSRP.  

 

Ce groupe qui deviendra par la suite le groupe des membres fondateurs de Dynamique Citoyenne était composé des OSC  suivantes : ACIC, ASSOAL, BASC CARITAS, CAMNAFAW, CANADEL, CED, CEPCA, CGT LIBERTES, CIPCRE, CLUB-UA CAMEROUN, COSADER, CSP, FESADE, FOSCAM, INADES FORMATION, SEP, SNAEF, SNJP /

 

La réflexion au sein de ce groupe a porté sur la nécessité : (i) de mettre en place un mécanisme de suivi indépendant du DSRP ; (ii) de mobiliser la société civile, au-delà de ce groupe restreint, sur le suivi des politiques publiques en général.

 

Ces objectifs ont été atteints au cours de l’atelier d’Ombé II qui s’est déroulé les 6, 7 et 8 juillet 2005 et qui a réuni une centaine de participants issus des différentes familles d’acteurs de la société civile (ONG et associations, syndicats, organisations confessionnelles) des dix provinces du Cameroun. Les OSCC se sont constituées en un réseau national pour le suivi indépendant des politiques publiques et des stratégies de coopération, baptisé par la suite «Dynamique Citoyenne» en abrégé DC. 

 

Elles se sont mises d’accord pour placer au centre de leurs préoccupations la promotion de conditions de vie plus humaines et plus justes en particulier en faveur des couches de population les plus défavorisées, et le respect des droits humains. Elles sont convaincues que cela ne peut être atteint sans mobilisation sociale et sans la participation effective des populations à l’exécution des politiques économiques, sociales et culturelles du pays. De même, les populations doivent exercer un contrôle citoyen de l’action publique afin d’amener l’Etat à respecter le contrat social qui le lie aux citoyens.

 

Ces organisations de la société civile ont lancé officiellement le réseau Dynamique Citoyenne au cours de la mobilisation contre l’impunité organisée  les 9 et 10 décembre 2005 à Yaoundé et ont décidé d’adopter la présente Charte pour leur  structuration et fonctionnement.

L'équipe du comité de direction national.

OBAM Félix Marcel

Présidente du comité de direction national de dynamique citoyenne Cameroun. Secrétaire Exécutif de la JEURAC.

Mme Dora SENDE

Première vice présidente du du comité de direction national de dynamique citoyenne. Présidente du COFEPRE.

PHOUET Maurice

Deuxième vice Présidente du comité de direction national de dynamique citoyenne. Secrétaire général du SNAEF.

LEBON MBELLE MESSE

Conseiller du comité de direction national de dynamique citoyenne.

TILDER KUMICHII

Conseillère du comité de direction national de dynamique citoyenne. Présidente de GeED.

Partenaires

Haut comissariat du Canada au Cameroun